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_______Je me réveille. Aie, gueule de bois. Je sens un bras autour de moi, je me tourne et je vois l'ange noir avec qui j'ai passé la nuit, et quelle nuit. Je crois que je n'avais jamais passé une nuit comme ça. Malgré le mal de tête que j'ai, je n'ai rien oublié. Et oui, ceux qui vous disent qu'ils étaient trop déchirés pour se souvenir, sont des menteurs. C'est juste qu'ils savent qu'ils ont fait des conneries et refusent de l'avouer. Oh, oui, croyais moi, je sais de quoi je parle, les conneries, c'est mon rayon. Je me dégage lentement de son étreinte et me rhabille. Ben oui, j'ai dormi nue. Ne me dites pas que vous avez cru qu'on avaient compté les moutons toutes la nuit ? Non, mais on a parlé, on a parlé pendant des heures. Des paroles échangées, accompagnées de bouteilles, et suivis de longs baisers et d'une nuit étoilée. Étoilée, mais censurée. Ben oui, j'ai beau aimé le sexe, je ne crie pas sur tout les toits que j'ai couché avec un tel et un tel, bon si, ça m'arrive. Mais là, je ne vais pas en parler, à quoi ça servirait, il m'a dit qu'il repartait après demain. Il ne m'a pas dit ce qu'il faisait dans la vie, mais il voyage beaucoup. J'attrape un stylo et un papier que je trouve sur sa table de nuit et je griffonne un mot. Il ne faut pas se faire d'illusions, je ne suis pas faite pour lui. Sous ses airs de teigneux, se cache en fait un garçon sensible, drôle, gentil. Un garçon bien quoi. Et moi je ne suis pas une fille bien. Je suis la bad girl par excellence. Mais, pourtant, quand je le regarde dormir, je ne peux m'empêcher de sourire. Mais, je ne dois pas m'attacher à lui, ce n'était qu'un coup d'un soir. Malheureusement. Mais qu'est-ce que je dis ? Non mais oh, reprends-toi Kay, tu ne vas pas tomber dans le panneau. Je froisse le papier où j'avais mis que j'avais passé une superbe nuit et que je le remerciais de m'avoir redonné le sourire le temps de quelques heures, de m'avoir donné l'impression d'être une fille bien. Je prend un autre papier et j'écris ce que la Kay que tout le monde connais aurait écrit :
Merci, un de plus à mon tableau de chasse..
________________________________________________Allez Bye Will..._______Je pose le mot sur l'oreiller, je le regarde une dernière fois et je sors de sa chambre. Je met le premier mot dans mon sac et je vais dans ma chambre. Je prend une douche et allume mon portable. Huit nouveaux messages. Mon banquier, mon père, Lalou, Cox', et les autres on s'en fout. Je rappelle d'abord mon père :
- Allô ?
- Papa, c'est Moi, j'ai vu que tu avais essayé de m'appeler ?
- Oui, C'était pour t'inviter à déjeuner, vu que je n'ai pas pu me libérer hier.
- Euh, oui, bien sur, il est quelle heure ?
- 11h30. Disons 12h30 en bas de l'hôtel, je passe te prendre.
- D'accord, merci papa.
- De rien ma chérie.. A toute à l'heure..
_______Je raccroche, m'habille et je rappelle Cox'. Elle voulait qu'on se voit cet après-midi. Puis j'ai rappelé Lalou :
- Lalou ?
- Ah Kay, tu as reçu mon message ?
- Oui, tu m'as demander de te rappeler dans la journée.
- Oui, c'était pour te dire que j'ai avancé mon départ, je pars après demain.
- Pardon ?
- Oui, vu que grâce à toi, je n'ai plus besoin de travailler pour mon billet, j'ai avancé mon départ.
- Oh non, t'imagine, si ça se trouve, on va plus se revoir !
- T'as parlé avec ton père ?
- Non, mais je mange avec lui à midi, pourquoi ?
- Oh pour rien... Juste pour savoir si ça c'était arrangé.
- Ben de toute façon, j'ai l'habitude.
- Bon, ben tu me rappelle ce soir ?
- Ben évidemment, il faut qu'on se voit demain, je vais pas te laisser partir en Allemagne sans t'avoir emmerder une dernière fois.
- T'es con !
- Mais c'est pour ça que tu m'aime.
- Allez, je te laisse, et le bonjour à ton père...
- Okay, à ce soir..
_______Putain de merde ! Pourquoi faut-il qu'elle se casse à l'autre bout de la planète ? Elle va me manquer. Et voilà, je recommence à faire du sentiment. Merde Kay, ressaisis-toi ! Oui, je parle de moi à la troisième personne. Bon, je prend mon sac et je descend. Je m'installe au bar et je prend un café. Ben oui, je vais pas me bourrer la gueule à cette heure-ci, bien que ça me soit déjà arrivé. Je bois mon café et j'entends des cris d'hystériques dehors. Je regarde par la vitre et je vois les filles d'hier. Et dire qu'elle sont là à crier pour un groupe de musique, les Tokio machin chose.. Un groupe japonnais, on aura tout vu. Mais bon, quand on habite à NYC, on ne s'étonne plus de rien.. Je pose ma tasse, je dis merci au serveur et je sors dehors. J'ignore les groupies et je vois la voiture de mon père. Je m'approche et le chauffeur sort pour venir m'ouvrir la portière. Je m'attendais à voir mon père, mais non, je m'installe et je demande au chauffeur où est mon père. Il me dit qu'il m'attend au restaurant et qu'il m'y dépose. On traverse une partie de Manhattan et je me trouve devant un grand restaurant chic. Sûrement l'un des plus réputé de cette ville, un restaurant français, s'il vous plaît. Je descend et j'entre. Je m'approche de la réception. L'homme me reconnaît et m'accompagne directement à la table où est déjà mon père :
- Bonjour papa.
- Bonjour ma fille ! Et bon anniversaire un peu en retard !
- On va éviter les sujets qui fâche hein, qu'est-ce que t'en dis ?
- Bref.. Tu veux boire quelque chose ?
- Un martini..
- Bon, après tout, tu es majeure maintenant.
- Comme si je ne buvais pas avant..
- On va éviter les sujets qui fâche..
- Pardon..
- C'est pas grave. Alors, tu t'es bien amusé hier ?
- Euh, oui, on peut dire que je ne me suis pas ennuyée..
_______On commande nos plats, on parle de tout et de rien. Ça faisait longtemps qu'on avait pas eu une conversation face à face. C'est bon de revoir son père. Le serveur nous apporte les desserts. J'ai pris une énorme glace. Vous vous en foutez ? Et alors, c'est mon histoire. Donc on nous apporte nos desserts et j'entame pendant que mon père me parle de mon cadeau :
- C'est quoi ? je lui demande en prenant l'enveloppe qu'il me tend.
- Ouvre, me dit-il tout excité.
_______J'ouvre donc et je vois 2 billets d'avion. Je regarde la destination... Hambourg :
- C'est quoi ça ?
- Ton cadeau.
- Mais pourquoi l'Allemagne ? Tu sais que je n'aime pas ce pays !
- Mais je croyais que c'était une période passée..
_______Une période passée ? Mais il se fout de la gueule du monde ! Comment veut-il que j'oublie tous mes souffrances rattachées à ce pays ? Je regarde les billets, et je vois les dates. Tout un été ! Je relève mes yeux vers mon père. Je le vois la tête baissé, il croyais me faire plaisir. J'aime pas le voir comme ça. Et puis, c'est quoi deux mois sur toute une vie :
- Bon, ben qui sait, peut-être que l'Allemagne à changée.
- Alors ça te plaît ?
- Ben Lalou va y habiter, alors je pourrais peut-être la voir.
- Ben justement, je vous ai loué un loft en plein coeur d'Hambourg..
- Nous ?
- Toi et Lalou.
- Mais elle savait ?
- Non, je l'ai appelé hier, et elle m'a dit que tu lui avait donner l'argent nécessaire pour partir. Elle m'a dit aussi que vous alliez vous manquer. Alors, j'ai pensé à ça, mais je ne lui ai pas dit. Je lui ai juste dit de t'appeler aujourd'hui, mais apparemment elle t'a appelé trop tôt. Elle ne sait pas pour le loft. Elle s'attend à emménager dans son petit studio de banlieue. Le départ est prévue pour après demain. En 1ère casse évidemment.
- Merci papa.
_______Je ne sait pas vraiment ce que signifiait ce merci. J'étais contente sans l'être. On quitte le restaurant, et mon père me dépose à l'hôtel. J'appelle Lalou dans l'entrée et je lui annonce la nouvelle. Elle est aux anges. Je crois que je vais apprécier ses vacances, juste parce que je suis avec elle. De toute façon, je ne connaîtrai personne d'autre à Hambourg. Et je ne connais personne d'allemand d'ailleurs. Enfin, à part Bill. Et d'ailleurs, en parlant de lui, je le vois au restaurant de l'hôtel. Il semble m'avoir vu aussi d'ailleurs. Il me fais signe de l'attendre. Merde..! Je me dirige en vitesse devant l'ascenseur. Je rentre à l'intérieur. J'appuie avec hâte sur le bouton pour que les portes se ferme. Je le vois, il court vers l'ascenseur :
- Kay, attends, il faut qu'on parle !
- Désolé, j'ai pas le temps !
_______Il se rapproche, il n'est plus qu'à 5 mètres. Les portes se ferment devant lui. Ouf !
L.